Historique

"Fourriers", qu'est-ce que cela veut dire ?

Le terme fourrier remonterait à 1534. Il s'agit alors du chargé du fourrage et du logement de la troupe, véritable homme de confiance du capitaine de compagnie. C'est donc un terme terrien qui fera son entrée dans la marine en 1758 par le biais des corps d'infanterie et d'artillerie de la Marine sous Choiseul qui cumule alors les fonctions de ministre de la marine et de la Guerre, longtemps séparées. Après plusieurs éclipses, le terme de fourrier réapparaît définitivement en 1832. Il est alors chargé des «écritures» et de la comptabilité à bord des bateaux.

Les fourriers de la Marine ont conservé comme insigne distinctif un large galon d'or, identique à celui que portaient les fourriers de l'Empire.

Le site militaire de Querqueville.

Le port militaire

L'école des fourriers est implantée sur un site historiquement riche : son passé remonte à la construction du fort de Querqueville, décidée par Louis XVI en 1786, sur l'emplacement d'un fortin élevé pendant la guerre de Sept ans.

Associée à ce fort, une digue prolongeant la pointe de Querqueville est construite entre 1889 et 1896 pour renforcer la protection de la rade de Cherbourg.

De nombreux établissements militaires se succèdent autour du fort tout au long des XIXe et XXe siècles, dont notamment :

  • un polygone d'entraînement au tir d'artillerie entre 1856 et la guerre de 1914;
  • une caserne construite en 1899 pour recevoir initialement un bataillon d'artillerie coloniale. Elle sert d'hôpital complémentaire de 1914 à 1918 puis accueille 800 réfugiés lorrains en septembre 1918. Rebaptisée caserne Dixmude, elle est cédée à la marine afin d'incorporer et former les recrues du 1er dépôt des équipages de Cherbourg;
  • une base de l'aéronautique navale, opérationnelle à partir de 1925, qui soutient deux escadrilles de chasse et deux de bombardement. Les derniers avions à s'opposer à l'avance de Rommel décolleront de Querqueville le 17 juin 1940. Elle servira aux Allemands, puis aux Américains. La Marine nationale l'utilise de nouveau de 1963 à 1966;
  • l'école des marins électriciens qui occupe en 1945 la caserne Dixmude et à laquelle se joint, en 1951, l'école de sécurité;
  • à partir de 1975 et jusqu'en 2002 le centre d'instruction naval (C.I.N.) de Querqueville incorpore et forme une grande partie des apprentis marins engagés initiaux de longue durée (EILD) et jusqu'en mars 2001, une partie des appelés ; au sein de son groupement d'instruction "Sécurité" il prépare et entraîne les équipages de la marine nationale à la lutte contre les incendies, voies d'eau et agressifs nucléaires, biologiques et chimiques ; enfin il forme les directeurs et les assistants de foyer de la marine nationale.

L'école des fourriers de l'origine à nos jours

Ecole des fourriers

Le même fil conducteur sous-tend toute l'histoire de l'école des fourriers depuis ses lointaines origines jusqu'à nos jours : être le creuset des métiers de l'administration et du soutien de l'homme et ce, dans des perspectives de plus en plus élargies.

L'école des fourriers naît à Rochefort le 1er avril 1912 de la réunion en une entité unique des écoles de comptabilité de la Marine créées dans chaque port militaire en 1835.

Elle intègrera progressivement les autres spécialités de la restauration et de l'administration de la marine : les commis aux vivres (1919), les secrétaires militaires (1935), les cuisiniers (1938) puis, en dernier lieu, les maîtres d'hôtel (1978).

L'histoire de l'école est jalonnée par pas moins de cinq déplacements entre Rochefort et Cherbourg. Le dernier en date, en septembre 2002, a conduit l'école des fourriers à Querqueville dans la partie ouest de la rade de Cherbourg a proximité d'un fort majestueux construit par Louis XVI. Occupant les locaux de l'ancien Centre d'Instruction Naval (C.I.N.), l'école a par la même pris en charge la formation du personnel des foyers de la marine qui y était auparavant délivrée.

Parallèlement à cette logique d'intégration des spécialités du commissariat de la marine, une logique de rapprochement inter-armées commence dès la fin des années 1950. Elle sera conduite dans un premier temps autour du pôle de compétence de la restauration. L'armée de l'air confie ainsi la formation de ses cuisiniers dès 1958 puis en 1988 c'est au tour de la Légion Etrangère pour celle des maîtres d'hôtel. En 1996, tous les spécialistes Restauration-Hôtellerie-Loisirs de l'armée de terre et la Gendarmerie rejoignent à leur tour le giron de l'école des fourriers.

Ecole des fourriers

"L'interarmisation" de l'école, jusqu'alors assez confidentielle prend un tour nouveau à partir de 1997. Tous les métiers du soutien administratif sont désormais concernés par le rapprochement. L'école accueille, entre 1996 et 1997, les formations de l'armée de terre à la dissolution de l'Ecole Nationale des Sous-Officiers du Commissariat de l'Armée de Terre (ENSOCAT) d'Auch, héritière des traditions de l'Intendance métropolitaine et coloniale.

Les secrétaires et comptables de l'armée de l'air formés depuis la fin de la 2° guerre dans un escadron d'instruction de service général (ESIG), basé à Evreux de 1968 à 1993 puis sur la BA 721 de Rochefort, rejoignent à leur tour l'école lors de son arrivée à Querqueville en 2002.

L'année 2005 marquera un nouveau tournant dans le processus d'intégration avec la « mutualisation » des premiers cours de cuisiniers. Toutes les couleurs d'uniforme se côtoient et se mêlent désormais au sein de mêmes modules de formation, tant du côté des instructeurs que de celui des élèves. Une nouvelle page de l'histoire de l'école se tourne sous nos yeux !

Une mission inter-armées

La garde d'honneur


Organisme relevant de la marine nationale, L'école des fourriers de Querqueville est chargée de la formation aux métiers du soutien de l'homme au profit de l'ensemble des composantes du Ministère de la défense :

Elle assure notamment :

    - la formation technique du personnel des métiers de l'administration, de la gestion des ressources humaines, de la restauration et des loisirs des trois armées et de la gendarmerie nationale (uniquement pour la partie restauration pour cette dernière) ; - l'incorporation et la formation militaire initiale des jeunes engagés dans la marine au titre de l'une des spécialités de l'école.


Très variable suivant le type de formation, le domaine concerné et le niveau visé, la durée des stages varie d'une semaine à neuf mois. Près de 15 % du personnel des armées est concerné par la formation dispensée au sein de l'école.